Ayam Beirut Al Cinema’iya 9ème édition *Interview avec Zeina Sfeir, Directrice Artistique du festival

Historique et évolution


Ayam Beyrouth Al Cinéma’iya a débuté en 2001. C’était une semaine intégrée dans le festival des jeunes organisé par l’Association Shams, dans le cadre de l’Association Culturelle Beirut DC. L’idée a commencé avec la directrice artistique en ce temps-là; Eliane El Raheb. Étant réalisatrice, elle sentit que notre image n’était pas tellement présente au cours des festivals et les autres membres de Beirut DC dont Hania Mroué et Dimitri Khoder, partageaient également son opinion. Ils sentirent le besoin de créer un événement culturel qui serait organisé par des réalisateurs de films. Notre image en tant que Libanais ne se limitant pas seulement à notre pays mais aussi à la région, ce festival porterait une envergure arabe
et serait non compétitif, offrant un espace d’échange libre. De plus, il porterait un clin d’oeil aux films étrangers qui rejoindraient sa même ligne directive ou philosophie en plus d’une catégorie ‘le monde arabe vu par,’ englobant des films traitant du monde arabe, afin qu’on se retrouve autour d’une même table ronde -ou salle de cinéma- à discuter des films et s’échanger différentes idées.

En 2002, l’édition officielle du festival débuta, la décision de le rendre biennal étant basée sur le fait qu’il n’y avait pas un bon nombre de films dans le monde arabe. Le festival connut un changement dans l’équipe de la direction générale mais demeura organisé par Beirut DC, avec pour but de le produire, quelles que soient les circonstances budgétaires ou logistiques, et de préserver la dynamique culturelle dans notre pays. Au cours des deux dernières éditions, le festival connut une évolution pertinente. Il s’étendit sur plusieurs volets: projection de films, débats, tables rondes, masterclasses et industries du cinéma. Le festival est actuellement divisé en deux volets: la projection de films et la partie industrielle; ‘Beirut Cinema Platform,’ plateforme de coproduction de films mettant en contact des réalisateurs ayant des films en pré-production ou à un stade plus avancé, avec des co-producteurs, distributeurs, vendeurs, producteurs de télévisions ou directeurs de festivals, leur offrant ainsi un tremplin pour avancer.

Sélection des films de la 9ème édition


Vu que ce festival est un festival de films arabes, après avoir suivi plusieurs festivals de par le monde, et différents courants cinématographiques, la thématique s’imposa par elle-même. Ubuntu, Le Tour de France, Bread and Tea, Cleaning Schaerbeek, The Last of US, Zeineb hates the Snow, In the Last Days of the City… Au fait, dans le domaine du cinéma, nous ne pouvons pas traiter les thèmes au premier degré. Nous vivons actuellement une grande crise d’émigration -immigration- liée à la crise dans la region. Cette déstabilisation engendre une émigration intérieure des êtres et une remise en question de l’appartenance à sa ville ou à son pays. La section Cinéma Al Fou’ad traite de même des gens qui s’échappent à ce qui se passe autour d’eux pour rentrer dans leur intimité ou affirmer leur identité sexuelle. De plus, le documentaire Off Frame traitant des archives de l’OLP nous a entraînés vers une Section Cinéma et Exil qui va plus loin que l’émigration, en ajoutant à la liste des films produits par l’OLP; A Return to Haifa et They Do Not Exist. Nous avons également transgressé nos frontières et sélectionné un film qui ne traite pas du monde arabe; The Prize, portant sur l’exil. Nous organisons également une signature du DVD pour The Dream, du réalisateur Mohamad Malas.

 

Qu’est-ce qui vous permet de persévérer sur cette mission qu’est le cinéma, malgré tous les obstacles?

Être à la base de la création d’une plateforme cinématographique est une réponse à toutes les questions. Ce festival a été créé pour répondre à un besoin particulier. De plus, cette mission en est vraiment une. Travailler dans n’importe quel autre domaine serait une frustration pour moi; je ne m’imaginerais jamais faisant ailleurs quelque chose de complètement différent. Le cinéma est notre cause et notre passion, une passion qui s’est ancrée en une carrière. Voilà notre point fort.

Zeina Sfeir