Mike Massy ou Le Retour au Festival de Zouk Mikael

Après son grand succès sur la scène des Grands pour avoir interprété le rôle de Jésus dans la fresque musicale Jésus de Nazareth à Jérusalem et sa collaboration avec plus de 40 artistes renommés sur la scène musicale avec la version 2018 de la chanson ‘Sa raison d’être,’ Mike Massy retourne sur la scène libanaise pour le lancement de son nouvel album ‘Bravo’ lors du Festival International de Zouk Mikael.

Sur scène, avec 11 musiciens dont 5 libanais et 6 venus spécialement de France pour l’occasion, Mike se donne. À fond. Ses expressions corporelles, son enivrement soufi, ses paroles enjouées ou poignantes, sa musique délirante et pourtant si méticuleusement sculptée dans son euphorie, ses pointes d’humour et sa sensibilité d’artiste au talent affranchi sont Présence. Il offre à une audience en fête un spectacle de coeur et une leçon d’humilité.

Sous les projecteurs, à part les lumières des portables qui s’allument pour lui répondre en écho à son sourire inébranlable, il baigne de lumière tous ceux qui l’accompagnent; Nami Moukheiber pour les chansons françaises et les adaptations, Maurice Mezher faisant partie de la chorale qui interprète avec lui ‘Roubama,’ Crys Nammour, connue pour le rôle de Marie-Madeleine et faisant partie des Libanais de la diaspora -dit-elle- , pour qui Mike laisse la scène. Elle donne alors libre cours à ses cordes vocales dans un ‘Li Beyrouth’ de Feyrouz à donner la chair de poule…

Pour la finale, Mike Massy donne la voix aux musiciens l’un après l’autre, dans une générosité à faire frémir les pierres. Sur scène, peu importe le caractère imposant de l’amphithéâtre romain, Mike Massy ne se prend pas la tête. Il invite tous ceux qui sont assis derrière à avancer tout près de lui pour faire la fête. Il ne tarde pas à les rejoindre le temps d’un refrain joyeux. Le retour de Mike après son grand rôle est grand aussi, parce que humble. Humble et humain. Grand parce que courageux et persévérant, malgré les angoisses de la route artistique et culturelle où tout support devient luxe et où les paroles ne sont plus paroles… et les promesses tombent à l’eau.

Après avoir mis haut la barre, s’être imprégné du tissus de Jésus, Mike Massy revient avec un bagage unique qu’il a sûrement acquis de valise en valise. Il transforme alors l’éphémère en création, et oubliant les dés qui se partagent les bouts de tout -parce qu’on est de ceux qui envient tout-, ouvre les mains et offre sa musique à plein coeur. Il glorifie encore Beyrouth et invite un public enchanté à chanter avec lui, à sa place, à danser et à danser encore au rythme de ses anciens albums.

Un concert exceptionnel certes, parce qu’hors normes, dans une ‘étoile dansante,’ celle de Nietzsche, à laquelle Mike donne naissance par-delà le chaos… dans une énergie de reconnaissance et un don de soi indomptables.

Puisse-t-il encore aller de l’avant et nous revenir de loin à chaque fois un peu plus dans un moment suspendu… BRAVO!

 

Marie-Christine Tayah