Mois de la Francophonie Liban 2018 aux airs de Brahms!

À l’occasion du lancement du Mois de la Francophonie au Liban, sous le haut Patronage de S. E. le Ministre de la Culture Dr. Ghattas Khoury, et de S. E. l’Ambassadeur de France au Liban M. Bruno Foucher, l’Orchestre Philarmonique du Liban sous la direction de Walid Moussallem avec au piano Marie Vermeulin ont présenté à l’église Saint Joseph des airs de Brahms.

Imprégnée de brut et de ‘tragique’ dans le style, par opposition à son autre pièce, ‘l’ouverture tragique’ comprend différents thèmes qui se succèdent, aussi bien par les timbres que par les rythmes. Plus loin que la technique, Brahms décrit ses deux ouvertures en émotions: ‘l’une rit, l’autre pleure,’ dit-il.

Suivie du Concerto numéro 2, plus adouci et pourtant riche de complexité; quatre mouvements, près de cinquante minutes, plus de 1400 mesures… et cependant, au mouvement lent d’une plenitude envoûtante, enveloppante. Un pur chef-d’oeuvre interprété avec finesse et technique suprêmes!

Qu’est-ce qui aurait été d’un plus grand hommage à la culture? Cette grandeur de la musique subjugue tout public et élève toute émotion humaine.

La musique, seule la musique nous emmène là où on n’ose pas aller. Seule la musique nous atteint jusqu’au plus brut de nous, au fin fond de nos omoplates… au-delà de cette platitude d’êtres blasés que la vie, les hommes ont fait de nous, de ce qu’on s’est fait à soi-même, en enterrant nos rêves d’enfants et nos étincelles au fond des yeux. Seule la musique est grande… aussi grande que le silence salvateur… Elle s’acharne aux grandes douleurs de la vie à force de coups de gammes, archets en l’air, notes indisciplinées au rythme des émotions… Hétéroclites et pourtant si homogènes, comme un seul tout. On est ce tout. Cet instant qui fuit les mémoires et les solitudes de nos vies ou celles d’un soir, et où l’on regarde la magie des notes, le sourire des étincelles, une note au fond de l’âme, tout comme le vieux calepin d’un passionné des gammes, celui qui note tout, en marge… et qui tait ses symphonies. Ainsi va la vie, épurée, volatilisée, déchaînée, au son des valses secrètes et des jardins clos… trois petits soupirs et puis s’en vont aussi… notes blanches!

Hommage au Mois de la Francophonie 2018 et que le tourbillon culturel se déclenche!

Marie-Christine Tayah