‘Zyara!’ avec Muriel Aboulrouss et Denise Jabbour…

‘Life is a beautiful Zyara’ et de ce pas vers la vie est née une rencontre avec Muriel Aboulrouss, réalisatrice et directrice de photographie à Home of Cine-Jam et Denise Jabbour, productrice créative à Home of Cine-Jam également. Zyara, le web-série documentaire est né d’une énergie de vivre, de rêver, de tendre la main -ou l’oeil de la caméra vers cet autre, ce ‘superhéro,’ le temps d’un portrait de quelques minutes, et qui nous laisse pourtant face à ce ‘miroir intérieur’ où l’on se questionne jusqu’à l’essence même de notre trace dans l’univers. La troisième saison de Zyara, season 3, mettra en relief des personnes qui surpassent leurs addictions.

Ayant reçu divers prix internationaux, Muriel et Denise s’obstinent à coire que la vie est une belle ‘Zyara;’ visite. Sur ce passage, elles font de ce que le monde surnomme ‘profession’ une extension d’elles-mêmes. Pour co-créer ces épisodes de web-séries, elles se côtoient corps et âme. ‘Elle est l’âme du projet,’ dit Muriel en parlant de Denise, celle qui rêve d’un monde meilleur… sans perdre espoir! Celle qui croit en la force de l’amour, les belles histoires, sa contribution positive dans chaque petite chose ou chaque petite question qu’elle pose à ses caractères avant de poser sur eux un regard empathique, une oreille sensible… elle creuse au fin fond de leurs histoires pour en ramener des témoignages dignes d’inspiration universelle. Et vice versa, de ce projet, Muriel en est le corps. Elle qui maîtrise si bien sa technique, perce de son regard vif l’écorce fragile de l’être humain qu’elle filme, le met à nu dans un acte de sublimation et fait de lui son, ‘le’ superhéro ‘éternel.’ Elle met les rêves à exécution ou plutôt, leur donne forme, les baigne de lumière, les caresse d’ombres, et étreint le tout.

Muriel Aboulrouss et Denise Jabbour.

 

Créatrices, parce qu’elles rêvent: ‘la peur est l’ennemie de l’amour.’

Fondatrices, parce qu’elles sont de celles qui agissent: ‘faites ce que vous ressentez.’

Propriétaires, parce qu’elles croient en l’abondance de l’univers: ‘il y en a assez pour tout le monde.’

Derrière ces boucliers mutuels qui se défendent et défendent tous ceux qu’elles aiment, pour le pire et le meilleur, elles vont d’un pas ferme, vers Zyara, leur maison de passage, une histoire de succès, d’amour et d’abondance.

Derrière ce professionalisme se dresse des âmes de rêveuses mais aussi de guerrières, aprovisionnées de résilience face aux coups durs des tournants, d’acceptation face aux pertes les plus insensées, de vie face à la mort… à laquelle ils donnent le visage d’une autre forme d’existence. Tout chez elles est fait de lumière, de cette même lumière intérieure qui guide la caméra de Muriel, la DOP sensible qui a eu le cran rebelle de fouler la Terre des Hommes.

Dans cette rencontre avec elles, rien de ces cadres et cadrages habituels. Des questions et des questionnements. Un partage d’idées, de plats chauds et de rires. Un rayon de soleil qui baigne les fleurs jaunes, un clic de caméra de Muriel. Et puis, au moment de se lever, une plume tombée d’un petit coin de ciel bleu, dans la main de Denise… un ange passe… et Muriel sourit parce qu’elle connaît son nom. Une Zyara inhabituelle. Un peu de fraîcheur aux chaudes températures de Mar Mikhael, Beyrouth. Puisse-t-on vous rapporter un peu de chaleur au coeur, un peu de fraîcheur à l’âme… et des feuilles blanches pour réaliser vos rêves, noir sur blanc, aussi blanc que ce petit coin de ciel bleu.

 

 

 

*Cherchez-vous le côté unique chez les gens que vous filmez?

Denise: On cherche les gens exceptionnels; des personnes vraies, en paix avec elles-mêmes, essayant de mener leurs vies dans cette jungle. Ce ne sont ni des personnes connues ni extraordinaires mais qui entreprennent ce qu’elles savent faire de la meilleure façon possible.

Muriel: L’authenticité et la résilience de la personne sont les paramètres les plus importants que l’on recherche, ainsi que sa résistance au formattage. Malgré tout leur vécu difficile, elles décident d’aimer la vie, de s’aimer telles qu’elles sont et de nous inspirer. Ce sont des superhéros de tous les jours qui peuvent passer inaperçus. Ils ne savent même pas qu’ils sont des superhéros. Ils sont humbles, simples, généreux et courageux.

 

*2014 a été l’année du commencement de Zyara vu la situation stagnante du pays et la volonté de Denise d’en faire quelque chose… mais au fond, quel a été le vrai déclic?

Muriel: J’avais connu une grande épreuve à l’époque. Une remise en question totale due à la fragilité de la vie et à la mort injuste et injustifiée, surtout lorsqu’elle s’en prend au plus fragile des êtres sans défense… En 2013-2014 j’étais dans un mode stagnant. Denise est venue me voir et me demander de me lancer sur ce projet. Je me suis dit du fond de mon coeur, c’est un cadeau, pour un petit ange au ciel… il était peut-être temps que je retrouve un sens à l’absurdité des choses, que cela me pousse en dehors de ma zone de confort. J’ai alors permis à ce projet de prendre place et d’occuper un espace dans ma vie.

Sans l’équipe, notre famille, rien de tout cela n’aurait été possible. ‘Have fun. Do what you love, do what you feel.’ Je ne cesse de répéter ces mots-là: amusez-vous, faites ce que vous aimez, ce que vous ressentez. Home of Cine -Jam, le workshop que je donne a aussi été une base importante pour Zyara. J’ai pu enfin exécuter tout ce que je prêchais en théorie: ‘Shoot what you feel.’ -Suis ton intuition. Pas ce que tu crois être vrai ou faux. Donne-toi la permission d’être un canal. Ce n’est pas ton égo qui crée mais tu n’es qu’un corps qui se meut en réponse à une énergie particulière. C’est un acte spirituel. Toutes les circonstances, que ce soit la mort incomprise ou le pays, ou surtout Denise qui nous a poussés vers cette aventure, tout a contribué à créer cela. Il faut dire que Denise a eu la capacité, la sensibilité et la volonté de créer un projet en dehors du cadrage que la société nous impose, du carré… tout simplement parce qu’elle n’est pas une personne carrée.

 

*Que Muriel dise cela, ces propos donnent à réfléchir; vous êtes une personne qui maîtrise la technique. Voilà pourquoi il vous est plus facile de croire au slogan ‘suis ton coeur.’

Il faudrait voir les films de Home of Cine -Jam. En quelque sorte, on pourrait trouver dans chacun de ces films un plan jamais vu auparavant. C’est un pas vers la découverte de son propre langage. C’est un pas vers soi, vers ce qui rend la personne unique; qu’elle aime raconter des histoires, de quelle façon elle pourrait le faire et pourquoi un film? Quel serait le résultat sans jugement, juste en acceptant la totalité de ce que l’on crée? Cet acte d’amour envers soi à travers l’oeil de la caméra nous permet d’accepter même en un plan, notre sensibilité personnelle, et de nous réconcilier avec qui nous sommes vraiment. Comprendre ce que nous devrions faire et pas ce que les autres voudraient que l’on fasse.

Venant de moi, sans cette expérience, je n’aurais pas pu réaliser Zyara de cette façon.

 

*Et pourtant, le regard tolérant de la société ne le serait pas envers de jeunes cinéastes ou des étudiants qui n’ont pas encore acquis la maîtrise de la technique nécessaire pour pouvoir suivre leur coeur.

Muriel: C’est vrai et voilà pourquoi je préfère coacher les étudiants juste à la fin de leurs études, pour briser ce carré, ce cadre, et qu’ils décident s’ils veulent y rester ensuite ou en sortir. C’est une question de choix, vu qu’ils auront déjà acquis la technique.

Des 29 jammers avec qui j’ai travaillé, la moitié a décidé de suivre des parcours personnels, en créant des formes alternatives aux cadres où ils sont enfermés. C’est une manière de débloquer leur esprit et leurs têtes. Cependant, si on s’adonne à un état de peur, on ne pourrait pas comprendre Home of Cine -Jam ni Zyara. Il faudrait être dans un état d’amour pour avoir une autre perception des choses et être créateur. Je n’aurais jamais imaginé pouvoir accomplir Zyara.  Pour moi, la peur est l’opposé de l’amour. Il faut en prendre conscience…

 

 

*De quoi avez-vous peur?

Denise: De rien, à ce stade de la vie. J’avais peur de perdre les gens que j’aime. Je me suis réconciliée avec cette idée. Du moment où ils vivent la vie qu’ils désirent vivre et que je les aide, j’ai une paix intérieure irremplaçable.

 

*Et s’ils ne sont plus là?

Denise: Même s’ils ne sont plus sur cette Terre, j’ai la ferme conviction qu’ils sont dans un endroit meilleur. Mais cela demande beaucoup de maturité…

Muriel: Je n’ai peur de rien. J’accepte tout dans la vie; la mort, la vie, la maladie… mais une certaine épreuve que j’ai enduré a changé toute ma perception de la vie. Après, tout est devenu facile pour moi. Je crois que tout ce que l’on veut peut arriver dans la vie. J’ai juste peur de ne pas avoir assez de patience. Mon impatience pourrait entraver tout le processus. J’ai appris à prendre le temps… à regarder les arbres.

*Pour que ce que l’on veut se réalise, on aurait besoin de synergie ou d’un écho face à un appel. Mais quand cela n’existe pas…

Denise: Je ne vais pas contre les énergies contraires. Je leur permets d’exister mais me retire de leurs vie. Chacun est libre d’être comme il est alors je change mon chemin… et puis c’est tout.

Muriel: Moi je crois au slogan ‘qu’il en soit fait sur la Terre comme au ciel.’ Dans mon ciel, tout ce qui est nécessaire à mon développement et à celui des personnes qui m’entourent est là… je crois qu’alors seulement, tout est possible sur Terre. Par contre, si je fais du mal à autrui, si je juge les autres et réclame ‘paix et amour’ autour de moi, cela ne peut pas être possible. Je dois accomplir tout un travail intérieur d’abord pour ensuite influencer les autres autour de moi.

Denise: Je pense que cela nécessite effectivement un travail énorme sur soi d’abord et par rapport aux autres… Sinon, je pense qu’il existe des batailles qui ne valent pas la peine d’être menées vu qu’elles ne sont que gaspillage d’énergie.

Muriel: Les batailles perdues sont celles de l’égo. J’en ai connu des batailles de ce genre… mais on apprend au final à se regarder dans le miroir. Zyara et Home of Cine –Jam sont nos miroirs.

 

*Le regard de la caméra qui perçoit des superhéros pourrait-il influencer le regard des autres envers ces personnes filmées?

Muriel: On l’espère… Zyara est un miroir pour nous et pour les autres. Notre but est de transmettre un message d’amour sans jugement. Qu’on aime Zyara ou pas, tout dépend de ce que cela nous renvoit. Que le message soit négatif ou positif, il est spécialement dédié pour la personne qui le reçoit.

Denise: C’est ce que nous essayons de faire. Quand j’écoutais les histoires des autres, qu’elles m’inspiraient ou qu’elles me laissaient rêver, je pensais que ce serait formidable de les partager avec autrui. Zyara est un partage sans que le spectateur soit juge. On ne voit que des bouts de la personne à travers la caméra de Muriel, mais on entend les histoires des gens, leurs rêves, leurs peurs, leurs regrets et leurs espoirs.

Muriel: Cette expérience est une catharcis pour les personnes que l’on filme et pour nous aussi. Des fois, cela est aussi difficile pour elles que pour moi. Pourtant, dès que je commence à la filmer, la personne que je filme devient un superhéro. Les éléments qu’elle choisit ainsi que ses sons préférés, sont les fondements de mon image. Ces superhéros deviennent alors co-créateurs avec nous.

Denise: Zyara incarne les instants les plus précieux de notre vie.

Muriel: On entre en transe avec les personnes que l’on filme… On ne croit plus en les titres; on n’est que les créateurs de Zyara et des outils dans les mains de l’univers.

*À quel point est-il difficile de travailler sur d’autres projets rigoureux, autres que Zyara, avec d’autres personnes en charge?

Muriel: Au-delà de ce que l’on peut imaginer. Denise pourrait faire la part des choses, mais pour moi il est extrêmement difficile de le faire.

Denise: Je pense que le positif c’est que je puisse choisir mon équipe. Je ne pense pas aux règles mais aux moments passés ensemble. Je pense toutefois que toute restriction demeure difficile pour une personne créative comme Muriel qui a des qualités de génie.

Muriel: Je me pose la question: quel est le but? Pourquoi et comment est-on en train de faire ce projet? Si la cause me touche, on pourrait travailler ensemble… Je ne pourrais pas servir un produit par contre.

 

*Pour ces gens qui travaillent dans le domaine des produits, de l’événementiel, de la securité, etc., mais qui entreprennent ce qu’ils font de tout le coeur, ne sont-ils pas eux aussi des superhéros, à la manière des gens filmés dans Zyara?

Denise: La condition a été mise: ‘de tout leur coeur.’ Ceux-là, nous leur devons tout notre respect.

Muriel: Et oui, ils sont des superhéros, bien sûr.

 

*Qu’en est-ils de ceux qui se limitent aux règles imposées?

Muriel: Je pense que les fonctionnaires se limitent aux règles par peur de ne pas pouvoir assumer leurs responsabilités et de subvenir à leurs besoins pécuniers à la fin du mois. Ils ne croient pas qu’ils pourraient rapporter de l’argent en faisant ce qu’ils aiment. Ne pas oser se défaire du système pour subvenir aux besoins familiaux consisterait à éduquer tous les membres de la famille à faire de la même manière, et ainsi de suite, de génération en génération. Toutefois, il existe des ressources pour tout le monde et une abondance qui pourrait combler chaque personne sur Terre. Afin de briser les chaînes, il faudrait avoir une grande foi mais surtout, en parallèle, des personnes qui croient en nous et qui nous offrent leur support.

 

*Percer sur le web est une idée innovante en 2014. Comment y avez-vous pensé?

Ayant travaillé avec Shankaboot, ceci nous a inspirées toutes les deux pour l’idée du web.

On a beaucoup aimé le ‘short format,’ -le format court. Et puis, il faut être intelligent; comme Einstein l’a bien affirmé, on ne pourrait pas mesurer l’intelligence d’un poisson en lui demandant de grimper sur un arbre. Nous avons mesuré notre production au budget que nous avions. Denise avait étudié le projet financièrement, et nous avons déduit que nous pourrions en venir à bout de trois épisodes avec l’équipe et sans frais supplémentaires. Quant à moi, je préfère les cinq minutes intenses qui nous laissent en proie à une émotion, aux long-métrages. Après notre premier tournage, nous nous sommes ancrées dans cette certitude; que l’on est sur le chemin des séries web.

Denise: De plus, les séries web sont sans-frontières et sans limites.

Muriel: Nous avons besoin d’une plateforme illimitée et éternelle; un petit brin d’amour et de résilience, comme un cadeau du Liban au monde entier. Même quand nous ne serons plus là, notre Zyara reste…

 

*Comment présentez-vous Zyara aux festivals?

Muriel: Au tout début de Zyara, les festivals web n’étaient pas nombreux dans le monde entier. Nous nous sommes rendues à Dubai pour voir s’il existait un marché pour les festivals web dans le monde arabe mais nous n’en avions pas trouvé… et puis nous avons fait la rencontre de Michael Thierry, un Français vivant en Irlande, une personne extraordinaire qui nous a proposé de présenter Zyara aux festivals web. Juste après avoir posté nos séries web en ligne, nous avons reçu un mail d’une plateforme qui regroupe les festivals web où nous avons présenté Zyara. Nous avons été sélectionnés et puis avons reçu des prix dans tous ces festivals. Les premiers quatre épisodes ont reçu en 2015 environ 17 ‘awards’ et prix internationaux. C’était comme une conviction qu’on avait une création spéciale. En 2016, nous avons décidé de continuer à filmer à nos propres frais, pour le meilleur et pour le pire. Nous avons été chanceuses vu que Sundance –AMC channel; une chaîne de télévision international basée en Europe et aux États-Unis nous a contactées en proposant de distribuer Zyara, contre une certaine somme par épisode, ce qui nous a permis de payer à toute l’équipe, en guise de remerciement pour leur confiance absolue. Cela était aussi un message que Zyara était éternelle. De plus, l’ambassade d’Amérique nous a proposé leur support financier si nous traitions la deuxième saison de Zyara sur le thème de l’handicap.

 

*Avez-vous connu des obstacles ou des entraves à votre projet et continué votre chemin coûte que coûte?

Muriel: Nous avons connu un support entier de tout l’univers!

Denise: Nous avons juste décidé du premier projet: Souad, et puis tout le reste a défilé devant nos yeux. L’équipe a contribué au tout début, les personnes nous contactaient, le côté production a été facilité, la vie nous souriait!

Muriel: La troisième saison de Zyara, season 3, mettra en relief des personnes qui surpassent leurs addictions; drogue, alcool, sex, nourriture… Des personnes nous ont contactées pour en parler et le thème s’est tracé de lui-même.

 

 

*Quelles sont vos propres limites, vos limites intérieures? Qu’est-ce qui vous arrête en chemin?

Muriel & Denise: Aucune.

Muriel: Si la volonté de la vie est que nous continuions à réaliser Zyara, nous le ferons, jusqu’à la fin de nos jours. Je suis prête à n’avoir aucun autre projet que celui-ci. Le jour où Zyara ne serait plus bénéfique pour nous ou pour quiconque, ou qu’elle porterait atteinte en quelque sorte à qui que ce soit, je prie le ciel que le projet s’arrête. Je dédie ma vie à Zyara. Je ne suis plus ni directrice de la photographie, ni réalisatrice. Je me défais de mes titres. Je ne suis que celle qui crée Zyara.

Denise: Celà est tellement enrichissant pour nous et pour autrui que nous ne pouvons pas nous arrêter en chemin.

 

*C’est une mission.

Muriel & Denise: Oui, c’est une mission de vie pour nous deux.

Muriel: Je pense que la bénédiction ultime de la vie serait de connaître le pourquoi et le but de notre existence. Lorque Denise, Liliane Hanbali; la monteuse, et moi étions en train de revoir les épisodes, nous avons compris que Zyara était notre projet de vie… c’est le meilleur de nous-même.

 

*Comment se passent les préparations avant-projet? Discutez-vous des questions ensemble ou c’est une affaire de confiance totale et absolue?

Denise: Ce sont les deux à la fois.

Muriel: On discute des questions avant notre Zyara chez la personne à qui on rend visite et puis une fois là-bas, c’est le contexte qui prend le dessus et l’on se défait des aliénations du crayon et du papier. C’est un dialogue, un portrait de vie. La première question suffit à déclencher le récit de toute un vécu; racontez-nous la plus belle chose qui vous soit jamais arrivée en étant enfant… et à partir de là, tout le trajectoire évolutif de la vie s’enchaîne.

 

*Quelle est la plus belle chose qui vous soit jamais arrivée durant votre enfance?

Muriel: Moi? La guerre civile… ‘inside-out.’

Denise: Mon enfance a été bénie. J’avais des parents formidables qui s’aimaient, dotés d’une grande éthique. Ils aimaient la vie et appréciaient les petites choses. Ils nous ont appris que la vraie valeur de l’argent qui était de servir un but précis; c’était un moyen et non une fin en soi. Nous avons été élevés dans une belle énergie au temps où les histoires étaient belles, les gens s’aimaient et se protégeaient. J’ai eu une enfance merveilleuse.

Muriel: J’avais trois ou quatre ans et il y avait un franc-tireur à l’école de Nazareth. Nous n’avions pas pu descendre les escaliers alors on nous a fait descendre de l’immeuble noués à des chaises. C’était ma première expérience de Bungee Jumping.

Je suis en quelque sorte reconnaissante à cet état de guerre perpétuel, extérieur et intérieur, qui m’a permis de de devenir la rêveuse et celle qui accomplit ses rêves aujourd’hui et la personne que je suis.

 

*Votre rêve ultime?

Muriel: Mon rêve? Que ma vie ne voit pas vaine, que j’aie fait une petite différence dans ce monde.

Denise: Je dirais que mon rêve serait de contribuer positivement à toutes les personnes que j’aime et de faire une différence dans leurs vies.

 

*Le but concrêt que vous aimeriez réaliser?

Muriel: Promouvoir la liberté d’expression. Si vous êtes né artiste, vous ne devriez jamais succomber à la peur, ni au jugement des autres. Aucun artiste n’a jamais créé quoi que ce soit en guise d’approbation quelconque, mais pour faire ressortir quelque chose de son fort intérieur, quelle que soit la réaction d’autrui. J’ai lu une phrase il y a quelques jours: ‘you are here to find your home within yourself.’ -vous êtes là pour trouver votre maison en vous. C’est le but ultime de la vie je suppose; d’arriver à se dire j’ai trouvé ma maison en mon corps, en mon âme et en moi. Faire des films pour les tapis rouges, le show off et la chirurgie esthétique… tout ce qui est en rapport avec le regard de l’autre, retombe en bouts de tristesse en fin de compte… alors que si lorsqu’on se regarde dans le miroir et qu’on tombe amoureux de qui on est profondément, qu’on comprenne ce qui se passe dans notre âme, notre fort intérieur et notre but ultime dans la vie, si l’on commence à aimer les gens qui nous entourent même si ces derniers ne nous rendent pas la pareille, on aurait atteint le but ultime. Faites les films enterrés en vous et pas ceux que le monde extérieur exige, surout pas les thèmes qui sont en vogue actuellement, que ce soit des thèmes politiques ou autres.

Au fait, pour pouvoir parler de quelqu’un on devrait avoir traité notre propre sujet en premier. Zyara est une médaille à double-tranchant; c’est nous tout autant que la personne en face de nous. On les peint à travers notre âme. Cette création est un puzzle fait de notre matière ou de notre âme et de celles de la personne qu’on visite.

 

 

*‘Life is a beautiful Zyara…’ et ainsi l’était cette Zyara en miniature, avec Muriel et Denise, le temps d’une croisée de chemins et, malgré tous les froids intérieurs des coeurs ou de la Terre, le temps d’un rayon de soleil…

 

Marie-Christine Tayah

 

 

 

 

 

 

*ZYARA sur les réseaux sociaux:

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*L’Équipe de “Zyara” (season two):

Productrice Créative Denise Jabbour

Réalisatrice/Directrice de la Photographie Muriel Aboulrouss

Monteuse Liliane Hanbali

Ingénieur du Son Mohab Chanesaz

Assistants Caméra Rachelle Noja / Bachar Khattar

Coloriste Khalil Abourrousse

Graphisme à Lilapost

Post-Production at WAHM productions

Equipment rental Aura Sound

Graphic designer Samar Haddad

Translation by Sevine AbiAad

Technical support by Atef Keedy

Zyara – Behind the scene – by Inaam Attar

LISTE DES PRIX INTERNATIONAUX ‘AWARDS’ DE ZYARA: 

  • Best documentary web series – Uk Web Fest 2015
  • Best documentary web series – Dublin Web Fest 2015
  • Best Innovative Technique or Narrative – Bilbao Web Fest 2015
  • Best Cinematography – Dublin Web Fest 2015
  • Special Award Creative Media for positive change – Myth work 2015
  • Marble award for Best Non-fiction of 2015 by Web series Mag
  • Best editing at BAWEBFEST (Buenos Aires) 2016
  • Best cinematography at Rome Web Merit Awards 2016
  • Best directing at Rome Web Merit Awards 2016
  • Best dialogues at Rome Web Merit Awards 2016
  • Best world creation at Rome Web Merit Awards 2016
  • Best artistic direction special award at Rome web awards 2016
  • Best doc directing at web series pilot and short film competition 2016
  • Best international series at Sicily Web Fest 2016
  • Best doc series at Fis-Med 2016
  • Best doc web series at web series trophy 2016
  • Best director at web-series trophy 2016
  • Best production for home of cine-jam 2016
  • Best cinematography at web series trophy 2016
  • Best web series of the month for season two at Direct online monthly film festival 2016
  • Best director at Buenos Aires Web Fest 2017
  • Gold content award at D.C. Web Fest 2017
  • Best international web series at Roma Cinema Doc 2017
  • Best documentary web series at Die Serial 2017
  • Best Cinematography at Die Serial 2017